Les inondations au Tchad : des défis majeurs pour le projet CROPS4HD

Le Tchad subi-t-il l’irréversibilité des effets du changement climatique ? Depuis plus de trois années successives, le phénomène des inondations est répétitif dans le pays. 2024 en détient le record. Selon les données de OCHA, agence de coordination des actions humanitaires au Tchad, la situation a très rapidement évolue sur le terrain. En trois mois (juillet, août et septembre), le nombre de personnes affectées est passé de 960 000 à plus de 1 495 000 personnes (plus de 266 000 ménages).

Sur le plan territorial les 23 provinces administratives du pays sont touchées par la crise des inondations. Les données sur les dégâts sont inquiétantes. Le gouvernement et ses partenaires ont recensé plus de 164 000 maisons détruites, 259 000 hectares de champs détruits et 66 700 animaux emportés.

Pour mieux coordonner et gérer les conséquences de cette crise, le Gouvernement a créé un Comité national de gestion des inondations. Le travail fait par ce Comité et les partenaires du Tchad a permis de classer les 23 provinces en trois catégories, dont plus de la moitié (12) sont en priorité 1. Ce sont la Tandjilé, le Mayo Kebbi Est, le Logone Oriental, le Lac, le Guéra, le Salamat, l’Ennedi Ouest, le Batha, le Borkou, le Mandoul, l’Ennedi Est et le Tibesti. Il s’agit des provinces dont la situation mérite une urgence intervention. Trois des quatre provinces d’intervention de CROPS4HD (Guéra, Logone oriental et Mandoul) sont classées dans cette catégorie.

Une vue des camps des sinistrés des inondations dans le Guéra et le Mandoul

La destruction consécutive des champs, des habitations, du bétail, l’exposition des ménages aux intempéries, la recrudescence des maladies, etc. sapent les efforts déployés pour accompagner les petits productrices et producteurs agricoles dans leur élan de résilience et d’amélioration des leurs conditions de vie. CROP4HD peut appuyer les paysan-ne-s à faire face à ce type de situations : étendre l’aide d’urgence, par exemple à travers le renforcement des capacités de stockage des banques de semences, leur mise en réseau pour mutualiser les efforts pour la reconstitution des semences détruites par les inondations, le partage des connaissances de production basée notamment sur l’utilisation des variétés plus résilientes à la forte pluviométrie et l’organisation des foires aux semences paysannes pour l’acquisition et échanges des semences, sont entre autres des mesures à mettre en place. 

Une vue de champs de sorgho inondé et des rescapés d’animaux