Du 21 au 23 août 2024, l’AFSA (Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique) en collaboration avec la Plateforme Agroécologique Raya Karkara et SWISSAID Niger a organisé la 3ème édition de la Conférence Panafricaine sur la Gouvernance des Semences, à Niamey, Niger. La conférence a été financée à hauteur de 80% environ par le projet CROPS4HD.
Sous le thème « Partenariat entre acteurs étatiques et non étatiques pour des systèmes semenciers résilients en Afrique », des institutions régionales, des représentants de gouvernements, des organisations paysannes, des chercheurs, des ONG, ainsi que des représentants des jeunes et des femmes provenant de 23 pays se sont réunis pour discuter des enjeux actuels et futurs liés à l’agriculture paysanne et à la résilience des systèmes semenciers en Afrique.
Les échanges ont permis de souligner que les politiques d’harmonisation des cadres législatifs semenciers régionaux, visant à faciliter le commerce et l’accès aux semences hybrides certifiées, ont entraîné la marginalisation des systèmes semenciers paysans, sans pour autant garantir un accès équitable aux semences pour tous les agriculteur-rice-s.
De plus, ces politiques n’ont pas abouti à une sécurité alimentaire et nutritionnelle pour l’ensemble des populations.
En ce sens, les discussions ont porté sur l’analyse des législations et des cadres réglementaires régissant les ressources phylogénétiques, ainsi que sur les transitions nécessaires pour garantir un meilleur respect des droits des paysan-e-s et de leurs préoccupations.

A l’issue de la conférence, un plan stratégique a été élaboré pour renforcer les droits des agriculteurs-trices et les systèmes semenciers paysan-e-s.
Il s’agit notamment de faire pression sur les gouvernements, d’impliquer les agriculteur- trices dans le travail de plaidoyer à travers des campagnes de sensibilisation et d’intégrer la recherche pour démontrer scientifiquement les avantages économiques, agronomiques, sociaux et sanitaires des systèmes d’agriculture paysanne.
Par conséquent, les participant-e-s ont décidé d’engager un dialogue permanent avec les autorités publiques locales, nationales et régionales pour développer des politiques semencières sensibles aux semences paysannes, et de plaider à tous les niveaux contre les instruments internationaux de commerce qui privilégient les systèmes de semences industrielles au détriment des systèmes semenciers paysans.
Les participant-e-s ont aussi appelé les gouvernements nationaux et bailleurs à financer l’accompagnement vers des règlementations et des politiques favorables à la la multiplication, au partage, à l’échange et à la vente de semences paysannes locales.
Dans une interview télévisée diffusée à l’occasion de la conférence, Famara Diedhiou (chargé de programme Afrique de l’Ouest, AFSA), partage deux messages clés pour les acteurs impliqués et concernés par les questions de semences paysannes.
S’adressant d’une part aux partenaires financiers et techniques, Famara Diedhiou souligne qu’il est essentiel de permettre aux paysan-e-s de se regrouper et de partager les semences paysannes, par exemple dans le cadre de la construction de banques communautaires de semences, y compris en les accompagnant financièrement.
Enfin, s’adressant aux communautés paysannes, Famara Diedhiou encourage les communautés à avoir confiance en elles, et confiance en la valeur des semences paysannes.
Vous pouvez retrouver l’intégralité de l’interview ci-dessous.
