Témoignage : Le rôle des femmes dans la promotion de l’agroécologie et de la sécurité alimentaire 

Le projet CROPS4HD met particulièrement l’accent sur l’intégration de la dimension du genre dans toutes ses activités. Ainsi, la mise en œuvre du projet est guidée par 14 principes : les 13 principes agroécologiques (élaborés par le panel d’experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition), mais aussi un 14e principe, l’équité des genres. L’agroécologie doit en effet permettre aux femmes d’améliorer leur autonomie économique, d’avoir un accès et un contrôle égal sur les ressources productives, d’avoir un accès égal au marché et de bénéficier d’un environnement sain et exempt de violence. 

Dans le cadre de la campagne de mobilisation et de structuration des Cadres de Concertation pour la Promotion des Pratiques Agroécologiques (CACOPA), au Tchad, une série de témoignages a été recueillie. Ceci inclue également le témoignage de Madame Faba, paysanne et mère de quatre enfants vivant dans le village de Ngara Jova, dans la Province du Mayo-Kebbi Ouest.

Madame Faba et sa famille ont choisi d’avoir exclusivement recours aux pratiques agroécologiques. Elle explique que l’utilisation de pratiques agroécologiques la rassure, car elle sait que sa famille et elle-même consomment des aliments sains. L’utilisation d’intrants chimiques, au contraire, pose divers problèmes. Il arrive par exemple que les animaux des paysan-ne-s, qui consomment accidentellement ces intrants chimiques, meurent. Ceci représente une grande perte pour les paysan-ne-s, qui perdent ainsi leur principal moyen de production. La consommation d’aliments produits par les intrants chimiques et l’exposition à ces produits peut également entrainer des problèmes de santé, en particulier chez les femmes et les enfants. 

Madame Faba présentant la diversité de ses semences paysannes avec les outils et techniques traditionnelles de stockage, de protection et de gardiennage

Madame Faba estime que la contribution des femmes à la sécurité alimentaire est essentielle.  En effet, outre les champs familiaux sur lesquels travaillent l’ensemble de la famille, des champs moins grands sont exclusivement entretenus par des femmes, parfois aidées par leurs enfants. Sur ces parcelles, les femmes cultivent les cultures de leur choix, et la gestion des récoltes est entièrement entre leurs mains.  

Si les récoltes des champs familiaux couvrent les besoins des ménages tels que ceux en termes de santé, d’habillement et d’éducation, celles des champs cultivés par les femmes couvrent les besoins alimentaires des ménages. Ces cultures sont diversifiées, et elles procurent aux ménages des compléments alimentaires en périodes de rupture alimentaire. Mme Faba souligne en effet que l’agroécologie génère des récoltes importantes, et qu’ainsi la famille ne manque jamais d’alimentation. 

Une séance d’évaluation de la production d’un groupement de femmes auquel appartient Madame Faba

Madame Faba encourage les femmes à s’impliquer activement dans le choix des techniques agricoles, en faveur d’une culture plus productive et d’une alimentation plus saine. Ceci signifie également que les moyens doivent être donnés aux femmes de s’impliquer, afin de faciliter cette contribution essentielle.

Vous trouverez ci-dessous l’ensemble du témoignage: