L’histoire d’une réussite pour les femmes agricultrices.
Mamata Mondal est une agriculturice et réside dans le village de Bankra Dobar à Hingalganj. Elle est membre de Joy Nitai Mahila Samity, un groupe de coopération facilité par le Development Research Communication and Services Centre (DRCSC). Dans cette région, DRCSC met en œuvre le projet CROPS4HD dont l’objectif principal est de populariser les NUS en assurant une agriculture agroécologique pour la nutrition et la sécurité alimentaire avec une production améliorée et des liens avec le marché.

Mamata vit avec son mari et leurs deux fils. Elle dispose d’une surface cultivable totale de 0,66 acres, dont 0,495 acres de champs et 0,165 acres pour le jardinage. Mamata a un enfant handicapé et se bat pour assurer sa sécurité économique et nutritionnelle, car ses moyens de subsistance actuels reposent essentiellement sur le travail salarié et la migration saisonnière. Elle possède un petit jardin, un étang et un champs pour le riz près de sa maison. Sur ses terres, elle élève de petits animaux et possède différents arbres, mais elle manque d’orientation en matière d’agriculture durable et d’intégration des ressources naturelles dans les pratiques agricoles.
Depuis 2021, Mamata est membre du Joy Nitai MCG. En participant à ce projet, Mamata a été initiée aux principes et pratiques liés à l’agroécologie et à la culture des NUS. Elle applique aujourd’hui plusieurs de ces méthodes dans son jardin et dans ses champs. Son intérêt pour l’agriculture agroécologique et la culture NUS l’a aidée à grandir, et à devenir une championne de la région. Avant de participer au projet, Mamata cultivait environ 4 à 5 produits : du riz et des légumes tels que la calebasse, le taro et les épinards indiens ; elle élevait également des volailles. Son revenu annuel moyen provenant de l’agriculture et d’autres activités s’élevait à 40 000-50 000 roupies (environ 400 CHF).

Depuis qu’elle a rejoint le groupe Joy Nitai Mahila Samity, Mamata a intégré de nouvelles cultures et des pratiques agroécologiques dans son exploitation. Elle cultive aujourd’hui 10 à 12 produits, sur deux saisons, dont des variétés traditionnelles comme le paddy (riz patnai, gobindabhog, dadshal, radhunipagal), le curcuma, l’igname, la citrouille, la gourde crête, la gourde cendrée, le brinjal, la petite igname, le pois d’Angole, la roselle, le gombo, le niébé. Elle prépare ses propres intrants biologiques comme le compost, l’amritpani et le compost à base d’excréments de volaille riche en NPK (azote, phosphore et potassium). Mamata met également en œuvre un large éventail de pratiques agroécologiques, telles que les cultures mixtes, les cultures intercalaires, la culture en treillis et le paillage. Elle a utilisé l’idée innovante de clôturer l’arbre Jeol pour favoriser la croissance des ignames, des niébés, des courges éponges, etc.

Mamata suit un système d’agriculture circulaire. Elle pratique actuellement l’élevage à petite échelle, avec 10 chèvres, 13 canards, 16 poules et une vache. Elle utilise la biomasse produite par ses arbres fruitiers, tels que le jacquier, la java, la goyave, la banane et l’épinard d’eau, pour nourrir ses chèvres. Pour la volaille, elle utilise des feuilles de calebasse, de la gourde cendrée et du son de riz. En outre, elle pratique la pisciculture dans l’étang de sa ferme et dans l’étang de sa maison.

Grâce à ce projet, Mamata a été mise en relation avec le marché local. Elle vend désormais des légumes, des fruits, du poisson et de la volaille sur le marché local, ce qui lui assure un revenu quotidien. Son revenu de l’année dernière a augmenté de 20 % grâce à la diversification de ses systèmes de culture et d’élevage.
Mamata est un exemple à suivre dans sa communauté. Sa ferme est devenue l’une des fermes de démonstration pour son village et les environs. Elle prépare les intrants biologiques à partir des ressources disponibles sur son exploitation. Elle est également responsable d’une banque de semences communautaire et contribue aux activités de production de semences de qualité de la banque de semences. À ce jour, elle a formé et soutenu 150 paysannes et 25 producteurs de semences dans trois villages de la région de Hinagalganj. Ses contributions sur les pratiques agroécologiques et l’intégration de NUS auprès des paysan-ne-s sont bien acceptées par la communauté. Elle est également l’actionnaire principal d’une société de paysan-ne-s (FPC) et contribue à l’activité de cette société en y vendant ses produits. Les femmes leaders comme Mamata Mondal sont des moteurs essentiels du changement agroécologique dans leur village et au-delà. Mamata diffuse le message de l’agroécologie, des NUS et d’une alimentation plus saine dans les institutions au niveau des clusters où elle représente l’un des leaders.
